Je faisais partie de ces enfants qui dessinaient beaucoup. Il y a de cela une bonne trentaine d’années. De ceux pour qui l’image est la première manière de se reporter au réel et de mettre en rapport ce qui est présent et absent…
Vers 6 ans, je me souviens avoir dessiné surtout de personnages sans mains… “Pas bon du tout” diraient très certainement les psychologues… mais heureusement, dans l’univers des images les mains poussent avec le temps. Je dessinais beaucoup de vaches aussi…
…et voila que récemment, je me suis remise a dessiner des vaches, je les ai montrées a ma fille de deux ans, elle a dit “para” (vache en hébreu)*, un bon début. Peut être un jour, ces vaches se transformerons-t-elles et partageront leur univers avec des tortues et des oiseaux?
Je n’ai jamais pris de cours de dessins, en revanche j’ai toujours gribouillé et posé des couleurs par ci par là, comme ça, sans raison, un peu comme avant.
Ma vie d’adulte fut tournée vers l’univers de l’enfance, l’enfance abîmée parfois, réparée bien souvent, créative presque toujours.
J’ai travaillé dans le domaine de la protection de l’enfance et de la jeunesse en France et en Angleterre. J’ai étudié l’Anthropologie à Lyon et à Montréal. Récemment j’ai suivi les cours du master “humanitaire et solidarités” de Lyon. A cette occasion j’ai réalisé le site http://www.common-paradise.net/imaginaire/imaginaire.php pour une association Grenobloise qui développe des outils d’éducation à la paix et au vivre ensemble. Le but était de présenter ces outils ainsi que la logique éducative qui les sous tend, tout particulièrement, l’attention portée aux images mentales élaborées par les enfants lors d’une création, plastique, kinésique, musicale ou autre.
J’ai aimé penser l’imaginaire en tant que relation d’images qui ouvrent à l’action et à la création d’autres images, à la manière d’un conte initiatique qui peut être une sorte d’évasion poétique hors du réel mais qui vise aussi l’ interrogation de la réalité.
A l issue de cette petite réflexion sur les images mentales, j’ai eu envie créer des images pour les enfants, de les accrocher dans un premier temps aux murs de la chambre de ma fille et puis de les laisser vivre un petit peu, de les partager, pour qu’elles génèrent d’autres images et qu’elles racontent peu être, un jour, d’autres histoires.
- Ma fille parle hébreu, une langue que j apprends laborieusement et qui, pour elle, coule de source.
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